La plus haute autorité religieuse libyenne interdit le port de vêtements Nike
Nov 3, 2026 14:56

La plus haute autorité religieuse de Libye, Dar al-Ifta, a publié une règle qui interdit aux musulmans d'acheter, de vendre ou de porter des vêtements avec le logo Nike.
Cette institution, basée à Tripoli, explique que la marque américaine porte le nom de la déesse grecque de la victoire. Son logo célèbre, le « swoosh », s'inspire des ailes de cette déesse.
Selon Dar al-Ifta, porter ce logo revient à promouvoir des symboles liés au polythéisme, c'est-à-dire le culte de plusieurs dieux.
Le comité religieux accuse aussi Nike de soutenir Israël. Il appelle au boycott des entreprises qui soutiennent ce pays. Il rappelle un texte de son Conseil pour la recherche et les études de la charia, publié le 5 novembre 2023. Ce texte demandait déjà aux musulmans de boycotter les entreprises occidentales jugées proches d'Israël pendant la guerre à Gaza.
Cette décision est une fatwa, c'est-à-dire un avis religieux sur une question de loi islamique. Elle a été approuvée par le grand mufti de Libye, Sadiq al-Gharyani.
Dar al-Ifta est une institution religieuse influente, installée à Tripoli, dans l'ouest du pays. La Libye est divisée politiquement, avec des autorités rivales à l'est et à l'ouest depuis des années de conflit.
Ses avis religieux ont une vraie influence sociale, mais ils ne sont pas forcément des ordres du gouvernement et ne sont pas toujours applicables par la loi.
L'an dernier, l'institution avait déjà interdit les bijoux et les montres de la maison française Van Cleef & Arpels. Elle jugeait que son trèfle à quatre feuilles était lié à des croyances chrétiennes et à la recherche de chance, ce qui contredit selon elle l'islam.
Cette nouvelle fatwa n'annonce pas une interdiction officielle des produits Nike. Elle ne prévoit pas non plus de sanctions contre ceux qui continuent d'en acheter ou d'en porter.
Nike n'a pas de magasin officiel en Libye, mais ses produits sont vendus dans des boutiques de sport locales. Les réactions sur les réseaux sociaux sont partagées : certains saluent la décision, d'autres la jugent ironique ou sans importance.
Source: BBC News - World